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Quoi de meilleur que le conte pour transmettre des valeurs et des enseignements ? Radia Almas, de son vrai nom Radia Benrezoug, a choisi ce mode d’expression pour mettre le doigt sur les disfonctionnements et les aberrations d’une société où les valeurs morales sont en perdition. C’est ce qu’elle a expliqué, mardi dernier à la librairie MédiaBook de l’entreprise nationale des arts graphiques (ENAG), lors de la rencontre hebdomadaire « Agora du Livre ».

Dans son premier ouvrage, « Un chat à l’oreille coupée » édité chez l’ENAG, l’auteur donne la parole à un animal, en l’occurrence le chat « Diamant », pour faire le constat sur cet état de la société dans laquelle les choses tournent mal.

Le personnage s’inspire d’un chaton recueilli par la fille de l’auteur, dans un état lamentable,  « Il avait une oreille coupée », d’où le titre. Dans le conte, le chaton rentre dans la vie des humains et entre en dialogue avec la petite fille. Il se pose des questions sur la vie et sur le comportement humain. Il fait ressortir les contradictions de la société. Premier étape de la nouvelle vie du chat c’est bien sur l’école. Là il se rend compte des difficultés que rencontrent les enfants dans le milieu scolaire. L’absence   de communication entre enfants et adultes et entre les enfants eux-mêmes,   sera l‘un des point que soulèvera ce conte « philosophique ». La démission des adultes dans l’éducation des enfants est un autre point soulevé par le conte. Diamant suggère à ses camarades une boite à idées, où chacun d’eux donnerait son opinion et proposerait des idées pour améliorer la vie. De cette façon le chat mène ses camarades à mieux s’exprimer et à participer au débat. A travers d’autres aventures, Diamant sonde la profondeur des sentiments humains, tels que l’amour et l’amitié, et décrit les traitements infligés aux animaux. Diamant souvent exprime le vœu de retrouver sa nature de chat, car être un humain n’est pas facile. De son expérience il déduit que le bonheur n’est souvent qu’une illusion et que l’être humain se donne cette illusion, car sa vie d’homme l’éloignent des vraies valeurs et chamboule l’ordre des priorités que la nature a instauré.

Radia Almas, dans son récit, donne la parole à Diamant pour dire ce qu’elle trouve d’anormale dans sa société. Une manière à elle d’apporter sa contribution dans cet édifice, qui est la société, pour améliorer, un tant soit peu, la condition humaine.

Le débat de « l’Agora du Livre » a ensuite porté sur l’importance du conte et son impact sur l’enfant. La disparition progressive de ce mode de transmission reste pour certains une véritable perte car « Le conte a toujours était un moyen de transmission de valeurs aux jeunes générations, et la philosophie du conte permet aux enfants d’accepter et d’assimiler certaines vérités que l’enseignement classique peine à leur inculquer ».

 

Née en 1969, Radia Benrezoug est employée de banque. Mais en dehors de sa vie professionnelle elle est musicienne et enseigne le piano qu’elle a appris au sein de l’association Al Fakhardjia. Son père, feu Abdelkader Benrezoug était un des maitres de la musique andalouse et lui a transmit le don et l’amour de l’art.