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Notre confrère d’El Khabar, Abdelkader Hamid, revient avec un nouveau roman. « Rajoul fi el khamssin » (le quinquagénaire). Edité par « El Barzakh », celui-ci sera en vente lors du prochain Salon International du Livre d’Alger. Ce nouvel ouvrage de 159 pages est une histoire ou il y a dit il, «  beaucoup de tristesse, de désarroi, d’échecs et de l’émotion ».

 « Il s’agit d’un roman qui traduit une détresse partagée  », ajoute t-il. L’auteur ne raconte pas le destin ou l’histoire d’un homme, d’une femme ou d’un couple.  C’est l’histoire de tous où chacun peut se reconnaitre. Une sorte de portrait d’une « lost génération », lui qui aime tant les romans de Fitzgerald et d’Hemingway. .               Le narrateur est direct, n’hésite pas à dévoiler sa propre histoire, ses expérience, un vécu dur et   amer. Les rêves se perdent après un mariage voué à l’échec et qui est à l’origine d’une fissure, d’une blessure profonde. L’épouse, tant aimée a opté pour une autre vie qui poussera le narrateur vers l’enfermement. Il se laisse alors aller, s’apitoie sur son sort et se laisse emporter par un torrent impétueux de souvenirs. L’attachement devient obsession maladive. Il avait pourtant tout pour être heureux cet habitant d’une localité de la banlieue algéroise. Il aimait les livres et le cinéma.                                                                                                             Dans le livre, on suit   son départ vers un petit village appelé « Grasse » non loin de Canne ou il tente de retrouver son premier amour. Le roman se déroule durant dix-huit heures, un espace temporel qui correspond à la durée de la traversée Alger - Marseille. Le voyageur retrace sa vie, l’histoire du quartier où il est né, et les moments les plus importants de son existence. Il replonge dans période antéislamique s’arrêtant aux derniers jours de saint Augustin dans sa lute acharnée contre St Donnat, et évoque la colonisation Vandale. « Ces vandales sont venus au secours des berbères », écrit-il. Il s’attarde aussi sur la tragédie du dernier roi d’Alger, le prince Etoumi , assassiné par Arrouj en 151.Il s’interroge aussi sur le fameux discours de Tariq ibn Ziyad..                                                                                       Le roman évoque également la tragédie familiale de l’auteur, essentiellement celle de sa mère, qui appartient à une sphère bourgeoise mais qui a tout perdu après l'indépendance suite à la nationalisation de la salle de cinéma que son père « El Hadj Arezki » avait acquis. Il retrace aussi les conflits au sein de famille comme les divergences entre l’oncle, « Mmokrane », qui croit que le marxisme sauvera l’humanité malgré les derives de Staline. Il s’opposera à l’oncle Omar,(lui aussi de gauche) . Mais opportuniste, il va soutenir et applaudir le régime de Houari Boumediene.                                                                                                                                          Dans une ville imaginaire « Robert Ville », toute une génération a vu ses rêves s’évaporer et s’effondrer.                                                           : « Je n’aime pas véhiculer un message précis dans mes romans », dit l’auteur. « J’aime écrire et laisser libre cours à l’imagination de mes lecteurs qui devront réagir à mes histoires instinctivement en fonction de ce qu’ils ressentent », confie t-il.                                                                                                                                               

Rym Harhoura