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Lors d’un débat en plénière tenu, ce dimanche au Conseil de la Nation, sur la loi sur les hydrocarbures, beaucoup de sénateurs ont estimé que le projet de loi est « le garant de la sécurité énergétique du pays et de la souveraineté nationale ». Parmi les dix sénateurs qui sont intervenus, certains ont saisi cette opportunité pour interpeller le ministre de l’Energie, M. Mohamed Arkab sur l’impératif de développer l’emploi dans les régions ou les jeunes se plaignent d’être écartés.

M. Arkab, qui a réaffirmé la pertinence du projet de loi, contesté par la rue, a affirmé que cette préoccupation est prise en charge. «C’est pour la première fois, qu’un projet de loi sur les hydrocarbures consacre tout un chapitre à des problématiques liées au développement local». «Cette nouvelle loi ne peut être que de bon augure pour les jeunes des régions de sud», a-t-il ajouté. Selon lui, «toutes les entreprises étrangères et les sous-traitants, au même titre que la Sonatrach sont soumis, à l’obligation de former et de recruter les jeunes de la région ». La loi permettra de lancer de nombreux projets de grande envergure dans le sud, les haut plateaux et même en offshore.

« Le potentiel existant non exploité est très important mais la Sonatrach ne peut pas prendre tout en charge », a reconnu le ministre. . «Sans aucune gêne, le contrat d’un partenaire étranger peut être résilié à tout moment au cas de constat de défaillance », a-t-il assuré faisant savoir que l’agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT) et l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH) veilleront au respect des contrats. Cependant, le ministre a estimé que le recours aux IDE est incontournable pour booster les investissements en déclin et consolider les capacités d’exploration et de production de la compagnie nationale. Le ministre a fait savoir que Sonatrach produit 70% de la production globale d’hydrocarbures. De 2010-2016, elle avait engagé annuellement 1,67 milliards de dollars contre 370 millions durant la décennie précédente. « Cela reste insuffisant car d’après les prévisions, les courbes de la demande interne grandissante en énergie et celle de la régression vertigineuse des réserves se rejoignirent d’ici à 2021», a-t-il averti . Face à une telle perspective, des mesures incitatives, notamment sur le plan fiscal ont été introduites. «Nous devons nous   mettre au diapason de ce qui se fait dans le monde car tous les pays ont changé leur loi sur les hydrocarbures», a-t-il poursuivi.

La transition énergétique, une nécessité

« La transition énergétique est devenue impérative », a-t-il soutenu. Le ministre a reconnu qu’un retard considérable a été accusé pour le développement des énergies renouvelables, soulignant que dans les programmes prévisionnels il était prévu de réaliser 8000 mégawat en 2019 . « On est loin du compte », a-t-il déploré. Il a lié ce retard au manque de moyens financiers   et à l’absence d’une approche prospective.

Le ministre a expliqué que la proposition de loi qui revêt un caractère d’urgence en cette période répond au contexte économique. « Nous devons agir rapidement pour assurer la sécurité énergétique et poursuivre la politique de développement », a-t-il renchéri. Enfin, le ministre a annoncé qu’un projet de loi sur l’électronucléaire sera présenté prochainement au parlement.

Wassila Ould Hamouda