Bac professionnel: Enfin la relance
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Mercredi 23 Octobre 2019
Journal Electronique

Le gouvernement se penche sur l’enseignement professionnel. Une commission interministérielle est chargée de réorganiser l’enseignement et de préparer le terrain au lancement du baccalauréat professionnel comme diplôme sanctionnant le cursus d’études. L’idée en elle-même n’est pas nouvelle et ne date pas d’aujourd’hui. La création d’un bac pro fut annoncée en fanfare durant les années 2000. Une commission ministérielle prit même des mesures nécessaires pour accélérer sa mise en œuvre. Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels (Mfep) a élaboré deux importants projets de décrets exécutifs portant création de deux diplômes. Il s’agit du diplôme probatoire d’enseignement professionnel et du bac pro. En juin 2001, ces derniers ont été transmis pour examen au secrétariat général du gouvernement. Deux ans après, le 26 août 2003, le chef du gouvernement a signé les deux projets. Comme toute nouvelle annonce, le bac professionnel divise. Responsables, enseignants et politiques sont partagés. Les défenseurs du projet annoncent une révolution dans le système éducatif. D’autres avertissent et estiment qu’il s’agit d’une aventure vers l’inconnu. Ils mettent en avant le manque d’expérience de l’Algérie dans ce domaine. Entretemps, l’idée a fait son chemin. Dans ses cahiers, le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc) d’Oran a rappelé qu’en décembre 2002 le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels a lancé, à titre expérimental, huit sections d’enseignement professionnel de 35 élèves chacune, soit un total de 280 élèves. Les sections ont été ouvertes au niveau de 6 établissements pilotes (INSFP) répartis sur Alger, Annaba et Oran. Selon le centre, les résultats de l’expérimentation ont été positifs. Sur 280 admis, 126 (49,41%) avaient obtenu une moyenne générale égale ou supérieure à 10/20. 97 (34,64%) avaient obtenu une moyenne comprise entre 8 et 10. 57 élèves (6,27%) avaient obtenu une moyenne inférieure à 8%.

Il ressort de cette évaluation que les élèves issus de la 9e AF (75,71%) et ceux issus du CAP (24,29%) réussissaient de la même façon. Ces résultats encourageants ont permis l’ouverture, à la rentrée 2003-2004, de 16 sections supplémentaires au niveau de 13 établissements répartis sur 9 wilayas : trois à l’Est, trois à l’Ouest et une au Sud. Néanmoins, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Les deux textes, «ont été retirés en octobre 2003». La commission interministérielle composée de représentants des ministères de la formation et de l’enseignement professionnels, de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique voulait enrichir les textes. «Depuis, il ne fut plus question de bac pro mais de Diplôme d’enseignement professionnel (DEP1 et DEP2)», lit-on dans le document du Crasc.  

La relance du projet est accueillie favorablement par des syndicats, enseignants et parents d’élèves. Le secrétaire général du syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) estime que le bac professionnel sera une seconde chance pour des milliers de jeunes qui vont acquérir des compétences professionnelles et humaines les préparant à des études supérieures et à une insertion sociale réussie. En outre, «la création du baccalauréat professionnel permettra de réduire la pression que connaît l’enseignement secondaire général et technique», affirme Boualem Amoura. Selon lui, il est nécessaire de définir les mécanismes d’orientation des élèves, d’identifier les modalités et spécialités d’enseignement, a soutenant que les filières sont à priori connues. Il cite, entre autres, l’électronique, électrotechnique, la fabrication mécanique, le bâtiment et travaux publics et techniques comptables. Le syndicaliste a affirmé que l’épineux problème d’encadrement pédagogique ne se posera pas. «Nous disposons d’enseignants capables d’assurer normalement ce type d’enseignement», relève-t-il, faisant allusion aux professeurs de l’enseignement technique. Ces derniers ont été répartis au niveau des «établissements scolaires» après la décision de démantèlement de l’enseignement technique décidée durant les années 2000 (la nouvelle réforme pour l’enseignement du secondaire). Toutefois, Amoura demande de définir les conditions permettant à ces bacheliers d’accéder aux établissements de formation supérieure et de leur permettre de suivre un enseignement professionnel supérieur. « L’enseignement professionnel ne doit pas être considéré comme étant le réceptacle des exclus du système éducatif ou une voie de garage », insiste-t-il.

                                      Passerelle entre l’université et le monde du travail

Pour cela, «il faut mettre en œuvre les mécanismes qui permettront aux détenteurs de ce type de diplôme de poursuivre leurs études supérieures pour l’obtention d’un diplôme sanctionnant le cursus de l’enseignement professionnel», suggère-t-il. Il a aussi recommandé l’émergence de passerelles entre l’université et le monde du travail pour permettre une insertion rapide et efficace. « Par le passé, le point faible est l’absence d’accès à des filières adaptées dans l’enseignement supérieur en tant que prolongements de l’enseignement professionnel », juge-t-il. Qu’en est-il du matériel pédagogique ? Là encore, le problème ne se posera pas avec acuité. «Il suffit juste de récupérer celui qui a été destiné par le passé à l’enseignement technique. Ce sont des lots très sophistiqués», a-t-il indiqué. Sont-ils adaptés aux besoins de l’enseignement professionnel ? «L’enseignement technique a été conçu tel un enseignement semi-professionnel», répond-il Le SG du Satef soutient, néanmoins, qu’un grand travail de sensibilisation doit se faire auprès des parents. Il a regretté que l’enseignement professionnel soit mal vu par l’ensemble des parents qui préfèrent orienter leurs enfants vers l’enseignement général.

Et pourtant, «le pays dispose de grands instituts et centres de formation de qualité pour assurer un meilleur apprentissage et accueillir dans des conditions favorables les titulaires du bac professionnel », signale Belaïd Allal, enseignant de l’enseignement technique. Pour lui, tous les mécanismes existent pour relancer le bac pro. Reste la problématique du « déficit en matière d’enseignants ». « Le départ massif à la retraite et la suppression de l’enseignement technique durant les années 2000 ont provoqué une véritable saignée dans le secteur », rappelle-t-il. Il a surtout regretté la position de certains responsables de l’éducation par rapport à l’enseignement technique. «Ils ne cessaient d’affirmer que l’enseignement technique coûte cher et qu’il n’est pas rentable», s’étonne-t-il. Pourtant, la mise en place de ce type d’enseignement visait, selon lui, deux objectifs. « Il s’agit de répondre à la demande des différents secteurs économiques et de valoriser la voie professionnelle dont l’image a été longtemps associée à l’échec scolaire», ajoute-t-il, affirmant que la commission Benzaghou n’a jamais recommandé le démantèlement de l’enseignement technique. « Au contraire, elle a proposé trois orientations après l’enseignement obligatoire : l’enseignement secondaire et technologique, l’enseignement technique et professionnel sanctionné par un baccalauréat professionnel et, enfin, la formation professionnelle», souligne-t-il.

                                                     Un problème d’image

Mais au delà de toutes ces péripéties, l’enseignant déplore le fait que l’enseignement professionnel souffre d’un problème d’image. «Trop souvent, on croit, à tort, que celui-ci s’adresse uniquement aux décrocheurs ou aux jeunes ayant des difficultés à l’école», observe-t-il. « L’enseignement professionnel est quelque chose d’important, puisqu’il propose des offres de formation variées en relation directe avec le marché du travail », observe, de son côté, le président de l’association des parents d’élèves, Khaled Ahmed. D’ailleurs, il dit ne pas comprendre le pourquoi du gel de ce projet pendant des années. Pour lui, la relance du projet constitue un choix judicieux. «Il aura surtout pour effet de valoriser davantage l’enseignement professionnel en lui donnant plus de crédit auprès des élèves et parents jusque-là réticents pour ce type de formation», estime-t-il. Car, les statistiques plaident en faveur de la formation professionnelle. Selon les chiffres publiés par l’agence nationale de l’Emploi (Anem) en novembre 2017, 83% des demandeurs d’emploi diplômés des Instituts de la formation professionnelle ont été embauchés en moins de six mois et plus de 60% des porteurs de projets au niveau de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej) sont des diplômés de la formation professionnelle.

                                   Au même niveau que le baccalauréat général

Dans une déclaration à l’APS, en marge de la cérémonie de l’installation récente de la commission interministérielle, le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Dada Moussa Belkhir, a assuré que le bac professionnel aura le même niveau que le baccalauréat général. Il concernera les élèves admis (4e année moyenne ou 1re année secondaire). Il ajoutera que le baccalauréat professionnel offrira la possibilité aux lauréats de poursuivre leur cursus dans l’enseignement supérieur dans le cadre du système LMD. De son côté, le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed a estimé que les diplômés de la formation professionnelle constitueront un véritable réservoir de titulaires de licence professionnelle en système LMD (licence-master-doctorat) pour combler leur nombre décroissant quant aux besoins de l’économie en matière de main-d’œuvre qualifiée. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tayeb Bouzid, a estimé que la concrétisation de cette démarche dépendait de l’amendement de tous les textes régissant le système éducatif, qui est invité à s’adapter aux nouveautés introduites. Il a souligné que la valorisation du secteur de la formation et de l’enseignement professionnels ne doit pas se limiter uniquement à l’accès à la formation professionnelle supérieure, mais également à l’impérative reconsidération de tout ce qui est professionnel, avec valorisation matérielle, morale et sociale de toutes les professions qui en découlent. Le faible engouement pour les instituts de la formation et de l’enseignement professionnels s’explique par l’absence d’accès à des filières adaptées dans l’enseignement supérieur, en tant que prolongements de l’enseignement professionnel, d’où la réflexion engagée pour le lancement d’un baccalauréat professionnel pour l’obtention d’un diplôme sanctionnant le cursus de l’enseignement professionnel. Il est certain que la mise en place de l’enseignement professionnel avec l’instauration du bac pro permettra aux apprentis une insertion rapide dans la vie active et un accès aux formations supérieures. Un deux-en-un parfait.

Amokrane Hamiche

 

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L'agenda

 Ministère de la Santé 
Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Miraoui, présidera, le 23 octobre  à 8h, à l’hôtel El Aurassi (Alger), la 5e rencontre annuelle du Réseau national des registres du cancer.

 

Ministère des Moudjahidine
Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, organisera une conférence, le 24 octobre  à 9h30, au Centre national d’études et de recherche sur le mouvement national et la Révolution du 1er Novembre 1954.

Ministère du Commerce
L’Algérie participera à une exposition spécifique du 6 au 12 novembre à Niamey (Niger). A cet effet, une caravane des produits algériens prendra la route aujourd’hui à 9h30 depuis la Safex (Pins maritimes, Alger).

 

Opéra d’Alger 

L’Opéra d’Alger lancera un nouvel espace baptisé «Café de l’Opéra» qui sera inauguré par l’écrivain et romancier Waciny Laâredj le 26 octobre à 17h.

 

ANVEREDET

Le Polytechnic Innovation Center PIC de l’Ecole nationale polytechnique (ENP) d’Alger, en collaboration avec l’Anverdet, organisera, du 21 au 24 octobre à l’ENP d’Alger, un atelier sur la négociation des contrats de licences de brevets académiques assuré dans le cadre du programme Team du CLDS-USA pour les laboratoires de recherche universitaire.

 

Opéra d’Alger 

L’Opéra d’Alger lancera un nouvel espace baptisé «Café de l’Opéra». Pour l’inauguration, l’écrivain et romancier Wacini Laâredj animera, le 26 octobre à 17h à cette occasion, une conférence sous le thème  «L’Opéra et la musique dans ses œuvres, entre nécessité et besoin».

 

Boutique La Miellée
La boutique «La Miellée» de Dély Ibrahim organisera, le 26 octobre prochain, à partir de 10h, une journée de dégustation de miel. 14 variétés seront proposées au public.

Institut Cervantès
L’Institut Cervantès d’Alger accueillera, le 28 octobre prochain, à 19h, un concert de musique andalouse de Lamia Aït-Amara.

Conseil de la concurrence

Le Conseil de la concurrence organise, avec l’appui de la CNUCED, le 28 octobre à l’hôtel Sofitel (Alger), à 8h30, une journée d’étude sur «la problématique de la concurrence dans le contexte de l’économie numérique».

 Polytechnic Innovation Center 

Le Polytechnic Innovation Center, en collaboration avec l’Anvredet, organise, jusqu’au 24 octobre à l’ENP d’Alger, un atelier sur la négociation des contrats de licences de brevets académique.

Musée du Moudjahid
Dans le cadre de l’émission «Rendez-vous avec l’histoire», le Musée national du moudjahid organise, le 23 octobre  à 10h, au lycée Ibn Ness à Sidi M’hamed (Alger), la 221e rencontre dans le cadre de la célébration du 65e anniversaire de la réunion du groupe des six chefs historiques.

Forum d’Echaâb
Le forum d’Echaâb recevra,  le 23 octobre à 11h, Saïd Ayachi, président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, et Boudjemaâ Souilah, pour débattre de la cause sahraouie.

Agence nationale de sang
L’Agence nationale de sang célèbrera,  le 23 octobre à 8h30, à l’hôtel El Aurassi (Alger), la Journée nationale des donneurs de sang.

DGSN
L’émission «Li Amnikoum» de la Sûreté nationale diffusée sur les ondes de la Radio Chaîne I à 16h sera consacrée le 23 octobre  aux questions des auditeurs sur «la distance de sécurité entre deux véhicules».

Direction de la pêche d’Alger
La Direction de la pêche et des ressources halieutiques de la wilaya d’Alger, en collaboration avec le club de plongée sous-marine El Mordjane, organisera, le 26 octobre à 8h30, au port de pêche et de plaisance d’El Djamila (Alger), une journée de nettoyage des fonds marines des plages et du port.

Don de sang
La Fédération algérienne des donneurs de sang lance un appel à l’ensemble de la population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à répondre en masse à l’appel du cœur.

 

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