Imprimer

La célébration du premier jeûne d’un enfant est une tradition qui a résiste au temps. Contrairement à ce que l’on peut croire en cette période d’écartement des us et coutumes ancestrales, faire jeûner son enfant tout en respectant le rituel existe encore. la présence d’une aïeule, le maintient des relations avec la famille ancestrale sont pour beaucoup dans le respect de cette tradition.

C’est le cas de la famille Ait Arab. Originaire de la région de Talaguilef, cette famille installée depuis une vingtaine d’années à Alger n’a jamais négligée ou délaissée le rituel du premier jeûne de leurs enfants. « C’est l’occasion de montrer à nos enfants notre joie et notre fierté de les voir entamer leur vie de musulman en appliquant le quatrième pilier de l’islam » explique le père de famille. Pour l’occasion du premier jeûne de son deuxième enfant âgé de 10 ans, la famille Ait Arab a respecté la tradition. Sauf pour le moment de la rupture du jeûne « à défaut d’un de la maison ou de la terrasse où on fait manger des œufs durs, traduisant le «haut rang» qu’il occupera dans le futur, on a hissé notre garçon sur la table » avoue la maman toute heureuse d’avoir traduit le legs ancestral.

Souvent, on choisit de faire jeûner les enfants le 27 ème jour de ramadhan (Leilat El Kadr ou Nuit du Destin). Sadjia, une grand-mère native de Belcourt s’apprête à faire jeuner sa petite-fille de 11 ans. Selon elle « il est important d’initier les enfants à la pratique du jeûne de manière progressive, notamment en cette période de grandes chaleurs ». Pour cette occasion Sadjia a déjà préparé un bijou en or (un louis d’or) qu’elle offrira à sa petite fille en le mettant dans le verre de cherbet qu’elle boira en premier comme le veut la tradition. D’après notre interlocutrice « ce jour marquera l’enfant aussi nous devons lui concocter des mets qu’elle préfère en plus de la chorba qu’elle contribue à sa confection ». A l’heure du ftour « une place d’honneur lui est réservée autour d’une table bien garnie. Autrefois on organisait une soirée à l’intention de la famille et des voisins pour l’encourager à le faire plus souvent » a précisé notre interlocutrice.

Chaque région de notre large pays dispose d’un rituel qui lui est propre. Le mois sacré du Ramadhan ravive chez eux la volonté de perpétuer ces traditions ancestrales gardées jalousement à travers les âges. A titre d’exemple, dans le M’Zab très attachée aux valeurs et traditions, on prépare un plat culinaire pour marquer le premier jeûne de l’enfant. Il s’agit de « Tazemit ». Ce plat du terroir, se prépare essentiellement à base de semoule légèrement grillée, de Ghars le tout mélangé avec de la « Klila » (un fromage local séché) et imbibé de beurre naturel. Hormis ce plat, la tradition veut qu’on habille les nouveaux jeûneurs de tenues traditionnelles. Le tout dans une convivialité inégale.

Souhila H.