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De nouvelles violences ont opposé dans la nuit de vendredi à samedi les forces de l'ordre irakiennes aux manifestants, qui continuent d'occuper sans interruption la place Tahrir de Baghdad pour réclamer le départ du gouvernement en place, malgré l'annonce par les autorités d'une série de réformes.

Une personne a été tuée et des dizaines ont été blessées dans les violences de la nuit, qui se sont déroulées comme les jours précédents sur deux ponts de la capitale proches de Tahrir : al-Joumhouriya qui mène à l'intérieur de la Zone verte, siège du pouvoir, et Senek, qui la borde, ont indiqué des sources médicales.

Depuis le 1er octobre, 257 personnes sont mortes dans des manifestations et des violences, selon les autorités. Le dernier bilan officiel a été publié mercredi soir. Selon les mêmes sources, une personne est morte à Nassiriya, dans le sud du pays, abattue par les gardes du QG d'un politicien local au cours d'une manifestation devant ses locaux.

Face à ce mouvement de contestation, le président Barham Saleh a promis des élections anticipées et une nouvelle loi électorale. Le Premier ministre Adel Abdel Mahdi a lui assuré être prêt à démissionner si un remplaçant lui était trouvé. Mais, affirme Mohammed, 22 ans, qui manifeste sur la place Tahrir, "les gens sont très conscients de ce qui se passe : on est arrivés à une étape importante et il ne faut surtout pas qu'on perde tout" en acceptant "les fausses réformes" proposées par le pouvoir.

La nouvelle loi électorale doit être soumise au Parlement "la semaine prochaine", a annoncé M. Saleh. L'Assemblée s'est déclarée il y a une semaine en "séance permanente" mais n'est pas parvenue jusqu'ici à obtenir une audience du Premier ministre, inscrit en premier à l'ordre du jour actuel.