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La tension est montée d'un cran à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Ankara n’a nullement l’intention de faire marche arrière. Le ministère turc de la Défense a affirmé que tous les préparatifs en vue d'une opération ont été achevés et que la Turquie est prête à lancer une nouvelle offensive en Syrie contre une milice kurde, ignorant les déclarations contradictoires du président américain Donald Trump.

Il a assuré ne pas la lâcher après avoir laissé entendre le contraire. L’armée turque a dépêché des renforts, notamment des chars, à sa frontière avec la Syrie, et de nouveaux véhicules blindés y ont été massés. D’après les Forces démocratiques syriennes (FDS) et les combattants kurdes, l'attaque turque avait bel et bien démarré. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, il s'agit d'un des endroits dont les soldats américains s'étaient retirés lundi. Des accrochages ont déjà eu lieu entre forces turques et syriennes, et il n'y avait pas d'indication que ce bombardement puisse préparer une vaste incursion turque en Syrie. Selon le directeur de communication de la présidence turque, Fahrettin Altun, des soldats turcs s’apprêtaient à «franchir la frontière syro-turque sous peu». Hier, les autorités kurdes ont appelé à «une mobilisation générale pendant trois jours» pour faire face aux menaces d'une offensive de la Turquie voisine, exhortant les habitants du nord-est à la «résistance». «Nous proclamons l'état de mobilisation générale pendant trois jours dans le nord-est de la Syrie», a annoncé l'administration kurde. Elle a appelé toutes les composantes du peuple kurde à se diriger vers la zone frontalière pour assurer la résistance. Pointant du doigt les Etats-Unis, mais aussi l'ONU, la Russie ou encore l'Union européenne, les autorités kurdes leur font porter «l'entière responsabilité» en cas de «catastrophe humanitaire» dans leur région. Pour la diplomatie russe, la politique américaine en Syrie risque de «mettre le feu» à la région. «Les Kurdes de la région sont très inquiets après l'annonce américaine d'un retrait des troupes, et ils craignent que cela mette le feu à toute la région. Il faut éviter ça à tout prix», a souligné le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov, en déplacement au Kazakhstan. Il a dénoncé les «contradictions» des Etats-Unis et leur «incapacité à parvenir à des compromis», assurant que «les Américains ont enfreint leurs promesses de nombreuses fois». Il rappelle que le soutien de Washington aux Kurdes en Syrie ces dernières années a «provoqué la colère des populations arabes habitant traditionnellement sur ces territoires». «C'est un jeu dangereux», a-t-il estimé. La Russie plaide pour la préservation des avancées acquises lors des nombreuses sessions de pourparlers de paix. Moscou a d’ailleurs appelé à ne pas « saper le règlement pacifique » du conflit en Syrie. Le président russe Vladimir Poutine et son Conseil de sécurité ont souligné, lors d'une réunion, «l'importance, à l'heure actuelle, d'éviter toute action qui pourrait saper le règlement pacifique» du conflit.

SD