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Malgré les appels à la retenue, l’élection présidentielle s’est tenue Samedi,en Afghanistan sur fond de violence. Un scrutin à risques , étant donné la triple menace pesant sur cette échéance ; la fraude, l'abstention et les attentats, qui ont , en dépit des renforts déployées, fait au moins un morts et plusieurs blessés à la mi-journée. Un attentat près d'un bureau de vote de Kandahar (Sud)a fait 16 blessés dans la matinée, et un autre à Jalalabad (Est), a fait un mort et deux blessés. Plusieurs autres attaques à la grenade ou à la bombe, qui n'ont pas fait de victime, ont été signalées par des responsables locaux. 

L'élection se déroule alors que les pourparlers entre Américains et talibans sont au point mort, rendant toujours aussi lointaine la perspective d'un dialogue inter-afghan. Les talibans ont multiplié les avertissements aux quelque 9,6 millions d'électeurs pour les dissuader de participer au scrutin, brandissant la menace d’attentats. Le ministère de l'Intérieur a annoncé le déploiement de 72.000 hommes pour garder les près de 5.000 bureaux de vote du pays. C'est la quatrième élection présidentielle dans l'histoire du pays. La première s'était tenue en 2004. Le scrutin rassemble 18 candidats à un mandat de cinq ans. Il oppose surtout deux favoris, l'actuel chef de l'Etat Ashraf Ghani et son chef de l'exécutif Abdullah Abdullah.   Après avoir voté le chef de l'Etat a déclaré que cette élection permettrait «d'aller vers la paix avec une vraie légitimité».  M. Ghani espère une réélection qui ferait de lui un interlocuteur incontournable pour négocier avec les talibans. Ces derniers, qui le qualifient de «marionnette», lui ont nié jusqu'ici toute légitimité. Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah s'affrontaient déjà en 2014, dans une élection marquée par des irrégularités si graves que les Etats-Unis avaient imposé par leur médiation la création du poste de M. Abdullah, réputé arrivé second. Les résultats préliminaires sont attendus le 19 octobre et les définitifs le 7 novembre.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté toutes les parties prenantes à veiller à ce que les électeurs afghans, hommes et femmes, puissent exercer leur droit de vote.   «Cela est crucial alors que l’Afghanistan s’efforce de consolider un système politique démocratique et inclusif», a-t-il souligné vendredi jugeant que tout acte de violence contre le processus électoral, y compris les attaques dirigées contre les bureaux de vote, le personnel électoral et les électeurs, est inacceptable. « Il n'y a pas de place pour la violence, l'intimidation ou la fraude», a-t-il ajouté.

Antonio Guterres a appelé tous les acteurs clefs à assumer leur responsabilité d'appuyer «un processus électoral pacifique, crédible, transparent et inclusif» et a réitéré l'engagement de l'ONU à continuer d'aider le peuple afghan.   Il y a dix jours, le représentant spécial du secrétaire général pour l'Afghanistan, Tadamichi Yamamoto, avait déclaré que la Mission des Nations Unies qu’il dirige (MANUA) était résolue à faire tout ce qui était en son pouvoir pour aider la Commission électorale indépendante (CEI) et la Commission du contentieux électoral (CCE) à organiser des élections crédibles, transparentes et inclusives.  

SD