Imprimer

Sale temps pour les entreprises nationales du bâtiment et des travaux publics (BTP). Depuis le début de cette année, 80% des entreprises spécialisées dans ce secteur sont en stand-by, selon l’Union nationale des entrepreneurs du bâtiment (Uneb). «Les chantiers de construction dans différents secteurs sont à l’arrêt pour la plupart d’entre eux.

Les carnets de commande sont vides. Les entreprises ne peuvent plus continuer à assurer les salaires des employés. Depuis le début de cette année, entre 20% et 25% des employés ont été licenciés en moyenne», affirme le représentant de l’Uneb, Sadek Azzoug. Les entreprises, poursuit-il, commencent à monter la cadence en matière de licenciements, tellement les affaires marchent mal. «Selon les dernières estimations, sur 50 employés, les employeurs n’en gardent en moyenne qu’une dizaine, par précaution. Ainsi, dans le cas où les chantiers reprennent, les employeurs n’auront pas à perdre du temps pour chercher la main-d’œuvre», dit-il, précisant que la plupart des entreprises dans ce secteur ont cessé leurs activités sans pour autant avoir mis la clé sous le paillasson. Ces entreprises espèrent, confie-t-il, que les choses iront en s’améliorant une fois que le pays aura retrouvé sa stabilité politique. «Le ministre de l’Habitat a annoncé récemment que les futurs programmes de logements seront réalisés exclusivement par les entreprises algériennes. C’est déjà une bonne chose. Cela répond à l’une de nos revendications que nous avions soumis aux pouvoirs publics dernièrement», souligne Azzoug, signalant à ce propos que l’Uneb a développé tout un plan de travail pour sortir les entreprises du BTPH de la crise et relancer leurs activités. «L’une de nos revendications, c’est de ne plus faire appel à des entreprises étrangères, surtout celles qui avaient pris des avances et n’avaient pas respecté les délais de réalisation. L’entreprise algérienne peut honorer les programmes de construction sans l’expertise étrangère», assure-t-il, signalant que ce plan de travail a été soumis mais pas encore approuvé par les pouvoirs publics. Le responsable rapporte que ces derniers temporisent, le temps que la conjoncture politique actuelle connaisse une issue favorable. «Nous espérons que les choses vont bientôt changer car le secteur est vraiment dans l’impasse. Cette situation affecte aussi le marché des matériaux de la construction. La demande sur ces matériaux a beaucoup baissé ces derniers mois, mettant les entreprises spécialisées dans ce créneau dans une mauvaise posture», conclut-il.

L’Association générale des entrepreneurs algériens (Agea) avait signalé que 3.650 entreprises dans le BTBH avaient cessé toute activité de janvier 2018 à août 2019. C’est pour dire que ce secteur était en difficulté bien avant la crise politique survenue au début de cette année. Les retards dans le paiement des entreprises, retenues pour la réalisation des commandes publiques, pénalisaient déjà ces dernières, qui n’arrivaient plus à honorer leurs engagements tout en assumant leurs charges.

Farida Belkhiri