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Une réunion-bilan entre le ministère du Commerce et des opérateurs économiques est prévue, pour le 18 du mois en cours, afin d’établir un état des lieux sur les deux dernières participations  aux Foires organisées en Mauritanie et au Gabon. 

Les opérateurs affichent déjà la couleur. Ils ne cachent pas leur satisfaction et surtout une volonté d’aller de l’avant à la conquête de nouveaux marchés en Afrique. Ces deux expériences semblent ouvrir non seulement les yeux, mais surtout l’  appétit de producteurs algériens. Selon eux, le marché africain offre beaucoup d’opportunités et la demande sur la production nationale est importante. C’est du moins ce qu’a révélé Abdelwaheb Ziani, président de la Fédération algérienne de l’agroalimentaire, affilié à la CIPA. «Le retour d’écho de ces deux manifestations est positif», confie-t-il. Il a souligné que ces dernières ont constitué un baromètre pour mesurer le potentiel national et  une occasion de mieux connaître la demande africaine. «Nous avons tâté tous les marchés, à commencer par ceux de l’Ouest. Franchement, nous sommes ravis de savoir que l’offre nationale est importante de par sa qualité et sa compétitivité. Nous avons un fort potentiel à l’exportation vers ces régions», affirme-t-il. Notre interlocuteur n’a pas manqué de souligner  les efforts du ministère du Commerce nécessaires pour accompagner les exportateurs désireux de  mieux placer leurs produits sur le continent. «Avec l’accompagnement de Logitrans, nous avons réalisé une expédition terrestre vers la Mauritanie. Cette première percée a été bonne, mais nous espérons que nous emprunterons cette route tous les jours sans l’accompagnement du ministre», a-t-il ajouté.  Selon lui, «un  second déplacement est prévu le 25 du mois pour répondre à des  commandes. «Nous voulons travailler sur   deux frontières, malienne et nigérienne. Pour des problèmes sécuritaires ses frontières sont ouvertes une fois par mois ce qui fait que nous essayons à faire le maximum», a-t-il renchéri

«Les choses bougent dans le bon sens»  

Selon lui, «des réflexions sont lancées pour l’ouverture de zones franches au niveau des frontières». «Nous fondons beaucoup d’espoirs sur Logitrans qui va ouvrir des parcs prés de Tamanrasset et de Bordj  Badji Mokhtar pour faciliter les opérations d’exportation», proclame Ziani.   «Pour gagner ce challenge, il est impératif de  lever les barrières bureaucratiques et de déployer un  fonds spécial pour la promotion des exportations (FSPE). Lors de la prochaine réunion- bilan,  toutes ces contraintes et  la concrétisation des accords signés lors de précédentes foires seront abordés. Par ailleurs, une autre rencontre, où seront présents les ministres du Commerce et du Transport, est prévue pour le 25 du mois en cours, a annoncé Ziani. Mohammed Laïd  Benamor, président de la CACI et un des leaders de la production de l’agroalimentaire nationale se dit optimiste. Il a fait savoir que ces manifestations ont permis aux producteurs algériens d’avoir plus de visibilité. «Avec les extensions réalisées aux niveaux des unités de production, la majorité des producteurs dégagent des excédents qu’ils devraient placer sur des marchés  externes. Nos produits ont une bonne réputation. Ils sont de qualité et répondent aux normes internationales. Nous devons travailler davantage pour conquérir de nouveaux marchés et de renforcer notre présence sur le continent», soutient-il. Pour lui, «la manifestation de Nouakchott à laquelle ont pris part 170 entreprises, une première, s’est révélée très fructueuse». «C’est une passerelle vers les pays voisins», estime-t-il. Pour Billal Moussaoui, manager de 2MP distribution et d’une société  de fabrication  de machines outils qui était aussi bien en Mauritanie qu’au Gabon  est revenu lui aussi avec de bonnes appréciations.  Satisfait des deux expériences, sa  société  exporte  déjà depuis 1986 vers 16 pays. De nouveaux contacts ont été portés dans son agenda.  «Nous essayons d’élargir notre gamme suivant la demande. Nous avons exportés en Europe et en Amérique et nous avons une marge de manœuvre sur le marché africain, a-t-il dit avant d’ajouter qu’avec l’accompagnement du ministère du Commerce «les choses bougent dans le bon sens».  

Réussir l’exportation ne peut se concrétiser sans le renforcement de la formation et la professionnalisation du métier de l’exportateur. «Les banques devront aussi se mettre à niveau pour une meilleure maîtrise des dossiers concernant les opérations liées à l’exportation», recommande-t-il enfin.  

Wassila Ould Hamouda