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Il y a 63 ans, deux patriotes, Ahmed Zabana et Abdelkader Ferradj, ont été guillotinés,  le 19 juin 1956  à la prison de Serkadji (anciennement Barberousse). Pour raviver le souvenir et préserver la mémoire, l’association nationale des condamnés à mort a organisé, Mercredi 19 juin, sur les lieux même du crime, un hommage posthume aux héros. Les présents se sont remémorés les dernières minutes des deux chahid ainsi que leur "courage" avant leur exécution.

Saisissant l’occasion de la journée nationale des condamnés à mort, le wali- délégué de Bab El Oued, le P/APC de la Casbah, un représentant de la direction de l’administration pénitentiaire, d’anciens condamnés à mort et moudjahidines se sont retrouvés. Apres avoir lu la Fatiha en hommage posthume à ces deux martyrs, des témoignages ont suivi.

Hamama, fille de Ferradj a pris la parole. « A vrai dire, je n’ai pas connu mon père décédé lorsque j’avais seulement 3 mois », a-t-elle raconté toute émue. « Sur tout ce j’ai pu entendre sur lui, je retiens sa bravoure et son courage et surtout son amour pour la patrie. Il n’avait pas peur de mourir », a-t-elle ajouté.

Pour Abdelaziz Othmani, wali délégué de Bab El Oued, « c’est un événement historique que nous perpétuons et célébrons chaque année ». « Plusieurs établissements, structures et rues sont baptisés au nom de ces deux martyrs », a-t-il rappelé. 

Par ailleurs, les études se poursuivent pour la reconversion de la prison en musée public national, qui sera un monument témoignant des souffrances des détenus lors de l'occupation française. Selon le Directeur de la recherche et de réinsertion à la Direction générale de l’Administration pénitentiaire Bourbala Fayçal. un décret exécutif en 2018, portant création d'un musée public national "Prison Serkadji", a permis l'élaborations des premières études .Pour rappel, le dossier de reconversion en Musée de la prison de Serkadji, vidée de ses pensionnaires en novembre 2014, avait été confiée au Ministère des moudjahidine.

Le président de l'Association, Mustapha Boudina, a rappelé que l'indépendance de l'Algérie était le seul objectif de ces héros. « Cette réunion des anciens condamnés à mort se veut une reconnaissance pour nos prédécesseurs et un témoignage pour les générations montantes afin de connaitre les sacrifices des chouhada pour l'Algérie, qui a besoin de tous ses enfants afin de rester débout et unie », a-t-il ajouté soulignant la souffrance des condamnés à mort, graciés en vertu des Accords d'Evian. Selon lui , « elle n'était pas moindre que celle des victimes de la barbarie coloniale ». « L'attente de leur tour, parfois jusqu'à 4 années, n'était pas facile pour ces prisonniers, qu'Allah a gratifié d'une autre chance pour vivre et pour voir l'Algérie se construire, grâce à sa jeunesse sans renoncer aux valeurs de la glorieuse Révolution du 1er Novembre », a-t-il conclu.

Samira Sidhoum