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Déclenchée par l’Union générale des étudiants musulmans algériens, la grève du 19 Mai 1956 a eu un impact considérable sur la suite de la guerre d’indépendance. Elle avait réussi à mobiliser des jeunes autour d’une cause pour laquelle certains perdront la vie. Mohamed-Lahcen Zeghidi, professeur d’histoire à l’Université d’Alger, est revenu, mercredi au forum du journal d’El Moudjahid, sur cette action qui a, selon lui, donné un nouveau souffle à la Révolution. Zeghidi est revenu en premier lieu sur la portée de la grève. «Le colonisateur voulait bâtir une nouvelle société où les indigènes seraient privés de savoir», a-t-il soutenu. Il a fait remarquer que le nombre modeste de jeunes Algériens en formation a vite pris conscience de l’importance des principes consacrés dans la Déclaration du 1er Novembre 1954. «Ils sont arrivés à encadrer une Révolution quand maintenant des docteurs se révèlent incapables d’encadrer le hirak en 2019», a-t-il renchéri.

Le nombre de lycéens algériens était au nombre de 6.308 sur les 34.468 lycéens inscrits dans 49 lycées existant en 1954. On recensait aussi 500 étudiants à la Faculté centrale et 1.000 autres inscrits sur le territoire français. «Ils ont démontré que l’élite et la société se sont regroupées sous la coupe du FLN», a expliqué le conférencier. Selon lui, «c’est aussi pour la première fois dans l’histoire de l’humanité que des étudiants boycottent des examens, dont certains décisifs comme le baccalauréat, afin de mener une révolution».

D’anciens lycéens et étudiants ont évoqué leur participation au mouvement. Laïd Lechgar a déploré les failles de l’enseignement de l’histoire dont le programme est catastrophique. Il s’est élevé ensuite contre ceux qui veulent fausser l’histoire. «Il y a des gens qui fabulent, mais écrivent des livres qui sont édités et vendus», s’est-il emporté. Lechgar plaide à ce sujet pour la constitution «de commissions d’écriture de l’histoire». De son côté, le moudjahid Mahmoud El Bey de la Wilaya IV a mis en relief l’apport des lycéens et des étudiants à la Révolution algérienne. «Dans la Wilaya IV, les lycéens ont dirigé toutes les structures en occupant plusieurs postes». Le colonel Amirouche, conscient de leur apport dans la poursuite de la Révolution et pour l’édification du pays, leur avait adressé une lettre en date du 9 mars 1958. La missive a été lue par Abdelmadjid Azzi, un lycéen qui avait quitté le lycée pour rejoindre le maquis.

Souhila H.