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La fin de l’impunité

Ce n’est qu’un juste retour à la normalité et à la fonctionnalité institutionnelle. Le cri de cœur lancé par le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, traduit l’intime conviction d’un homme de justice qui a subi les foudres de la justice pervertie et aux ordres des corrompus. La fuite de l’ancien ministre de l’Energie à l’origine du démantèlement des services de sécurité et, plus fondamentalement, des restrictions et du retrait des compétences à la police judiciaire, prouve, au besoin, le coup de Jarnac porté par les tenants d’un régime autocratique et prédateur dont on mesure aujourd’hui l’étendue du pillage en règle des ressources nationales. Assurément, il s’agit d’un véritable crime commis contre la pérennité de l’Etat, sacrifiée sur l’autel des intérêts sordides de la bande prédatrice qui n’a pas hésité à détruire toute une institution participant activement à la défense de la République et à s’attaquer sans vergogne aux fondements de l’Etat nation «juste pour sauver une personne», a relevé le ministre de la Justice, sonnant l’urgence de la réhabilitation de la police judiciaire, débarrassée de toutes les entraves dans l’accomplissement de ses missions. A cet effet, en concertation avec le ministère de la Défense, le ministère de la Justice a apporté un amendement au code de procédure pénale qui bannit l’empêchement des officiers de la sécurité de l’armée d’enquêter sur les affaires de corruption, sous le fallacieux prétexte de la «plainte préalable des organes sociaux de l’entreprise économique», destinée, en fait, à protéger la faune des prédateurs. Cette manière de faire est considérée, à bon escient, comme «une véritable entrave juridique» dans la lutte contre le crime économique qui connaît actuellement un développement sans précédent, revendiqué par le peuple et salué comme il se doit par la classe politique. La fin de l’impunité et le combat contre la corruption tentaculaire, en socle de l’Etat de droit, consacrent les bases fondamentales de la nouvelle Algérie attachée à défendre les principes d’égalité citoyenne et de justice sociale.
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