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La mue démocratique 

Le tempo est donné pour l’enracinement du processus électoral annonciateur de la véritable démocratie. Depuis hier, à minuit, l’étape charnière du dépôt de la liste des signatures a solennellement pris fin pour écarter les candidatures fantaisistes, alimentées par l’appel de détresse d’un postulant en quête de soutien, et donner la pleine mesure à une compétition crédible cautionnée, en premier ressort, par le choix citoyen de ses représentants. Sur les 147 candidats à la candidature, l’écrasante majorité est passée à la trappe, malgré un assouplissement notable de la loi électorale, pour céder le passage à une dizaine de concurrents au long parcours et à la représentativité désormais incontestable. Il appartient à l’Autorité nationale indépendante des élections de procéder à la validation des signatures pour connaître les vagissements d’une campagne électorale inédite. Ce baisser de rideau autorise un nouveau départ pour l’avènement d’une Algérie nouvelle revendiquée depuis le 22 février par les citoyens. Une Algérie nouvelle qui consacre la rupture avec l’ère des «Présidents fabriqués», du système de la cooptation ancrée dans les mœurs de la classe politique laminée et de la fraude institutionnalisée. La mue démocratique, confortée par l’entrée en course des candidats retenus, consacre le droit incontournable du peuple au choix souverain de ses élus totalement ignoré par les partisans de la transition imposée par des formations sans ancrage social et en mal de représentativité. Elle se fonde sur l’Anie travaillant à rendre impossible la fraude, en associant des jeunes et des universitaires à la surveillance du scrutin et en mettant fin à la mainmise de l’administration. Et, en levier important, elle se fonde sur la «révolution» de la justice en guerre contre les «dinosaures» qui ont pris, pendant 20 ans, la magistrature enfin libérée des mains de la bande. «Inhabituel de par son envergure et sa nature», le profond changement apporté dans ce secteur stratégique, jamais connu depuis l’Indépendance, entend, d’abord, stopper la dérive à l’origine du «recul des libertés» et, ensuite, rétablir la crédibilité de la justice. A la veille de l’échéance capitale du 12 décembre, la mutation n’est pas de trop.
Horizons